LA POLITIQUE SOCIALE
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Il est évident que face au discours tenu par la gauche, prônant la distributions d'aides financières directes aux plus en difficulté, la politique de droite portée par Nicolas Sarkozy, affirmant
qu'il faut en finir avec cet assistanat et réhabiliter le travail en France, est perçue comme étant hostile vis à vis des plus faibles. C'est hélas une mauvaise compréhension des choses qui
résulte du fait que nous avons une fâcheuse tendance à ne considérer comme social que celui qui tient de beau discours sur la solidarité et nous balance une pièce à attraper au vol. Mais le
véritable social, selon nous, ne se résume pas à la distribution d'aides diverses et variées aux plus faibles, comme une pièce que l'on donne aux sans abris pour se donner bonne conscience. Ces
aides, rappellons le, ne doivent avoir pour but que de soutenir ceux qui sont victimes d'un coup dur, comme une perte d'emploi par exemple, un handicap, pour leur permettre de sortir la tête de
l'eau et de retrouver une place dans le monde du travail.
Nous nous remémorons à cet instant les propos de Muhamed Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006 et inventeur du micro crédit, qu'il avait tenu lors d'une interview accordée au journal télévisé de France 2 à l'occasion de sa dernière visite à Paris. Il avait en effet affirmé être opposé à la distribution d'aides systématiques aux plus faibles. Lui a préféré, par son système de micro crédits, qui consiste à prêter de petites sommes d'argent à des familles très modestes pour qu'elles puissent acheter des instruments de travail (machines à coudre...), permettre à des foyers défavorisés de travailler et d'assurer eux-mêmes leur survie. Et il pensait que par une distribution « gratuite » d'aides on encourageait les populations à l'oisiveté, contribuant ainsi à les maintenir dans leur état de pauvreté. Et nous ne pensons pas qu'on puisse l'accuser d'être un porte parole du capitalisme.
Ainsi, une vraie politique sociale consiste à offrir aux plus faibles des emplois, pour qu'ils puissent travailler et ainsi retrouver leur dignité en vivant des fruits de leurs propres efforts, une formation à celui qui n'en a pas... Ca ne consiste pas à aller dans les quartiers populaires et promettre de tout faire pour faciliter l'installation d'un centre des Restos du Coeur, comme cela a été fait par les militants socialistes lors de la dernière campagne des Municipales à Colombes. Ce genre d'attitudes relève plus du mépris pour les classes populaires que de la véritable action sociale.
D'ailleurs, la gauche n'a pas le monopôle de l'action sociale, n'a pas le monopôle du coeur, et il ne suffit pas de s'appeler « socialistes » pour devenir le symbole de l'action sociale envers les plus faibles. Comme nous le verrons par la suite, beaucoup de réformes et d'actions menées en direction des quartiers populaires ont été accomplies par des gouvernements de droite, notamment depuis 2002. A titre d'exemple, la création en 2006 sous Dominique de Villepin de l'Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l'Egalité des chances (ACSE), qui met en œuvre des programmes de développement social en faveur des habitants des quartiers sensibles. On peut aussi citer le plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo et bien d'autres mesures sur lesquelles nous reviendrons.
Le cliché consistant donc à dire que la gauche est favorable aux plus faibles et la droite méprisante vis à vis de ces derniers est donc totalement à bannir. La différence porte sur leurs manières respectives de faire du social. La première considérant la pitié comme remède miracle, la seconde le travail comme facteur d'intégration et de cohésion sociale. Et nous ne devons absolument pas nous laisser aveugler par cet écran de fumée qu'est le discours socialiste, qui consiste à promettre toujours plus d'aides et à maintenir en réalité dans cet état de dépendance un électorat généralement acquis à sa cause.
Nous voudrions juste, avant de clore ce chapitre consacré à la politique sociale, mettre l'accent sur un point. Une chose particulièrement étonnante est la personnalité des dirigeants de l'actuelle Gauche d'opposition. En effet, on pourrait s'attendre à ce que ceux qui défendent haut et fort les valeurs de partage, de solidarité et d'entraide soient des gens issus des quartiers populaires, qui ont eux-mêmes subi la misère, qui ont réussi à s'en sortir et qui désormais oeuvrent pour que ceux qui, comme eux autrefois, sont confrontés à cette souffrance n'aient plus à endurer ces injustices sociales. Comme par exemple l'Abbé Pierre, qui vivait toujours au plus près des plus en difficultés. Il n'en est spéctaculairement rien. La plupart des dirigeants socialistes actuels sont issus de ce qu'on peut appeler la bourgeoisie « caviar ». Beaucoup d'entre eux sont Enarques, ont suivi leurs études dans des grands lycées privés (Ségolène Royal par exemple) ou dans des établissements publics dans des villes telles que Neuilly (comme François Hollande), bien loin de la banlieue, de ses problèmes, et des gens qu'ils disent connaître et comprendre. Aussi, nous ne pouvons nous empêcher de penser à ce que disait Marx concernant ce qu'il appelait le « Socialisme de Bourgeoisie ». Selon lui, ce socialisme avait pour but d'améliorer le sort des prolétaires (un peu mais pas trop), de sorte à ce que ces derniers ne soient pas tentés de se révolter et ainsi faire perdre à ces socialistes bourgeois leur condition sociale aisée. Et cela nous semble très pertinent lorsque l'on remarque ce que nous avons ci-dessus mentionné.
D'ailleurs, lorsque l'on apprend que Ségolène Royal est condamnée pour le licenciement abusif de deux de ses employés, on voit la profondeur de ses convictions...
Nous n'affirmons pas pour autant que les dirigeants de la gauche se moquent, en coulisse, du sort des classes populaires, que tout n'est que mensonge. Mais nous pensons qu'il y a un réel et profond décalage entre ces responsables politiques et les populations qu'ils disent défendre et comprendre.