Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /2008 21:03

LA POLITIQUE SOCIALE (2/2)

Il est évident que face au discours tenu par la gauche, prônant la distributions d'aides financières directes aux plus en difficulté, la politique de droite portée par Nicolas Sarkozy, affirmant qu'il faut en finir avec cet assistanat et réhabiliter le travail en France, est perçue comme étant hostile vis à vis des plus faibles. C'est hélas une mauvaise compréhension des choses qui résulte du fait que nous avons une fâcheuse tendance à ne considérer comme social que celui qui tient de beau discours sur la solidarité et nous balance une pièce à attraper au vol. Mais le véritable social, selon nous, ne se résume pas à la distribution d'aides diverses et variées aux plus faibles, comme une pièce que l'on donne aux sans abris pour se donner bonne conscience. Ces aides, rappellons le, ne doivent avoir pour but que de soutenir ceux qui sont victimes d'un coup dur, comme une perte d'emploi par exemple, un handicap, pour leur permettre de sortir la tête de l'eau et de retrouver une place dans le monde du travail.


 Nous nous remémorons à cet instant les propos de Muhamed Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006 et inventeur du micro crédit, qu'il avait tenu lors d'une interview accordée au journal télévisé de France 2 à l'occasion de sa dernière visite à Paris. Il avait en effet affirmé être opposé à la distribution d'aides systématiques aux plus faibles. Lui a préféré, par son système de micro crédits, qui consiste à prêter de petites sommes d'argent à des familles très modestes pour qu'elles puissent acheter des instruments de travail (machines à coudre...), permettre à des foyers défavorisés de travailler et d'assurer eux-mêmes leur survie. Et il pensait que par une distribution « gratuite » d'aides on encourageait les populations à l'oisiveté, contribuant ainsi à les maintenir dans leur état de pauvreté. Et nous ne pensons pas qu'on puisse l'accuser d'être un porte parole du capitalisme.


 Ainsi, une vraie politique sociale consiste à offrir aux plus faibles des emplois, pour qu'ils puissent travailler et ainsi retrouver leur dignité en vivant des fruits de leurs propres efforts, une formation à celui qui n'en a pas... Ca ne consiste pas à aller dans les quartiers populaires et promettre de tout faire pour faciliter l'installation d'un centre des Restos du Coeur, comme cela a été fait par les militants socialistes lors de la dernière campagne des Municipales à Colombes. Ce genre d'attitudes relève plus du mépris pour les classes populaires que de la véritable action sociale.


 D'ailleurs, la gauche n'a pas le monopôle de l'action sociale, n'a pas le monopôle du coeur, et il ne suffit pas de s'appeler « socialistes » pour devenir le symbole de l'action sociale envers les plus faibles. Comme nous le verrons par la suite, beaucoup de réformes et d'actions menées en direction des quartiers populaires ont été accomplies par des gouvernements de droite, notamment depuis 2002. A titre d'exemple, la création en 2006 sous Dominique de Villepin de l'Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l'Egalité des chances (ACSE), qui met en œuvre des programmes de développement social en faveur des habitants des quartiers sensibles. On peut aussi citer le plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo et bien d'autres mesures sur lesquelles nous reviendrons.


 Le cliché consistant donc à dire que la gauche est favorable aux plus faibles et la droite méprisante vis à vis de ces derniers est donc totalement à bannir. La différence porte sur leurs manières respectives de faire du social. La première considérant la pitié comme remède miracle, la seconde le travail comme facteur d'intégration et de cohésion sociale. Et nous ne devons absolument pas nous laisser aveugler par cet écran de fumée qu'est le discours socialiste, qui consiste à promettre toujours plus d'aides et à maintenir en réalité dans cet état de dépendance un électorat généralement acquis à sa cause.


 Nous voudrions juste, avant de clore ce chapitre consacré à la politique sociale, mettre l'accent sur un point. Une chose particulièrement étonnante est la personnalité des dirigeants de l'actuelle Gauche d'opposition. En effet, on pourrait s'attendre à ce que ceux qui défendent haut et fort les valeurs de partage, de solidarité et d'entraide soient des gens issus des quartiers populaires, qui ont eux-mêmes subi la misère, qui ont réussi à s'en sortir et qui désormais oeuvrent pour que ceux qui, comme eux autrefois, sont confrontés à cette souffrance n'aient plus à endurer ces injustices sociales. Comme par exemple l'Abbé Pierre, qui vivait toujours au plus près des plus en difficultés. Il n'en est spéctaculairement rien. La plupart des dirigeants socialistes actuels sont issus de ce qu'on peut appeler la bourgeoisie « caviar ». Beaucoup d'entre eux sont Enarques, ont suivi leurs études dans des grands lycées privés (Ségolène Royal par exemple) ou dans des établissements publics dans des villes telles que Neuilly (comme François Hollande), bien loin de la banlieue, de ses problèmes, et des gens qu'ils disent connaître et comprendre. Aussi, nous ne pouvons nous empêcher de penser à ce que disait Marx concernant ce qu'il appelait le « Socialisme de Bourgeoisie ». Selon lui, ce socialisme avait pour but d'améliorer le sort des prolétaires (un peu mais pas trop), de sorte à ce que ces derniers ne soient pas tentés de se révolter et ainsi faire perdre à ces socialistes bourgeois leur condition sociale aisée. Et cela nous semble très pertinent lorsque l'on remarque ce que nous avons ci-dessus mentionné.


 D'ailleurs, lorsque l'on apprend que Ségolène Royal est condamnée pour le licenciement abusif de deux de ses employés, on voit la profondeur de ses convictions...


 Nous n'affirmons pas pour autant que les dirigeants de la gauche se moquent, en coulisse, du sort des classes populaires, que tout n'est que mensonge. Mais nous pensons qu'il y a un réel et profond décalage entre ces responsables politiques et les populations qu'ils disent défendre et comprendre.

Par Jeunes Pop de Colombes - Publié dans : National
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Commentaires

Merci pour cette excellente initiative. Ne sous estimons pas cependant l' influence du "politiquement correct" français qui depuis l'école jusqu'au journaux télévisés du soir donnent aux plus jeunes une telle image du travail et de l'entreprise qu'ils sont en grandissant plus sensibles aux discours de ceux qui leur promettent des poissons gratuits pour tous, plutôt que des cannes à péche.
Commentaire n°1 posté par Colombert le 12/12/2008 à 10h48
Entièrement d'accord avec vous
Commentaire n°2 posté par Jeunes UMP Colombes le 12/12/2008 à 13h04
La couverture sociale en France est l’une des meilleures au monde. La gauche par principe en demande toujours plus et refuse de voir la réalité. Prenons par exemple son opposition à la reconduite à la frontière des sans papiers ou la régularisation massive qu’elle réclame haut et fort. Bien sûr que la reconduite ou la non régularisation est inhumaine. Mais n’est-il pas plus inhumain de laisser ces personnes vivre en France dans des conditions plus que précaires ? Pour la gauche, il faut tous les régulariser. OK Mais pour cela, il faut leur procurer un logement social ( on en manque dejà tellement), un travail, leur accorder les différentes aides sociales. Là encore par humanisme Ok mais qui va payer, le contribuable qui lui-même est dejà en grande difficulté ? La France ou plus précisément la Gauche, a t-elle aujourd’hui les moyens de sa politique ?
Commentaire n°3 posté par rene le 12/12/2008 à 13h46
La gauche a son idéologie, ses slogans, ses thèmes. On pourrait les résumer : aide, social, RMI, restos du coeur . Elle cherche à toucher à travers ces thèmes au delà de son électorat traditionnel comme par exemple les catégories populaires. A force d'entendre toujours ces termes dans nos quartiers, j'en arrive à me demander si l'on nous considère pas effectivement comme des citoyens de seconde catégorie n'ayant pour seule ambition que le guichet social. Et bien non, nous voulons également vivre de notre travail et comme tout le monde nous avons des ambitions, mais elles sont pas au rabais.
Commentaire n°4 posté par nora le 12/12/2008 à 21h02
Jeune ump, j' ai bien aimé votre référence au micro crédit et à la philosophie de Muhamed Yunus pour montrer que le social c'est aussi redonner à autrui les moyens de vivre par lui-même. Un proverbe africain dit à ce propos "qu'il vaut mieux apprendre à pecher à celui qui a faim plutôt que de lui apporter un plat de poisson tout cuit." La droite française n'est pas anti-social car le RMI, la CMU n'ont pas été remis en cause. Cependant, il y a une droite libérale qui ne peut plus s'exprimer actuellement mais qui n'en pensent pas moins à propos du trop de sociale en France. Tout le monde aura compris que je fais allusion aux défenseurs d'une économie libérale à la Tatcher ou Reagan. Vous me direz que le discours de Toulon du Président montre bien qu'il a compris que le libéralisme sans règle était dangereux. Mais je crois surtout que Nicolas Sarkosy est un grand pragmatique. Ce sont les évènements qui le poussent à être moins libéral. Pendant la campagne, il nous vendais de la retraite par capitalisation :fonds de pensions à la française, crédit indexé sur l'hypothèque d'un bien immobilier, autant de mesures dangereuses que la crise aurait aggravé. Votre vision du social et de son rapport au travail n'est pas bien différent des positions centristes. Vous caricaturez la gauche alors que seule l'extrème gauche tient un discours tout social, assistanat. Je ne crois pas que les strausskaniens ou les partisans du maire de Paris soient aussi généreux socialement. J'en veux pour preuve la manière dont ils ont géré la croissance entre 1997 et 202. Jospin est parti aen laissant une cagnotte de 50 milliards d'euros . Une gauche sociale telle que vous la décrivez aurait tout distribué.
Commentaire n°5 posté par Ahmed Beribeche le 12/12/2008 à 22h12
Nous sommes d'accords pour dire que Mr Sarkozy est un grand pragmatique. Ceci étant, certes certaines de ses positions sont libérales (on est quand même de droite...), mais n'oublions pas qu'en 2004 par exemple, lorsqu'il était Ministre des Finances, il a engagé un plan de sauvetage d'Alstom par l'Etat, ce qui montre qu'il n'est pas si libéral que cela... Non, ce n'est pas seulement l'extrême gauche qui prône l'assistanat, la gauche le fait également, comme mentionné dans notre article, et comme le montrera davantage les prochains articles. Nous aurons l'occasion de revenir sur le bilan de Jospin et la facon calamiteuse dont il a géré une croissance de 3% de moyenne sur 5 ans
Commentaire n°6 posté par Jeunes UMP Colombes le 14/12/2008 à 11h32
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