Dimanche 8 février 2009 7 08 /02 /2009 22:17

L'IMMOBILISME POLITIQUE


 La gauche, au moins depuis une dixaine d'années, est devenue le symbole de l'immobilisme politique. Aucune réforme courageuse pourtant nécessaire n'a été entreprise ni proposée par la gauche. Malgré la situation difficile de notre pays, il n'est pas paru nécessaire aux dirigeants de gauche d'entreprendre de véritable réformes structurelles permettant d'améliorer la situation de la France. Rien d'étonnant toutefois lorsque l'on constate que socialisme, communisme et immobilisme partagent le même suffixe.



 Sous le gouvernement Jospin, les problèmes tels que celui des retraites, du déficit de l'Assurance Maladie ou de la dette de la France existaient déjà, et même depuis plusieurs années. Quelles mesures a pris ce gouvernement pour enrayer ces problèmes? Aucune. Nous savons tous que ce genre de problèmes nécessite des mesures douloureuses et surtout... peu populaires. Ainsi, les socialistes ont préféré une voie dont il semble qu'ils n'arrivent désormais plus à sortir, l'immobilisme. En effet, ne préférant pas se mettre à dos les classes populaires qui ressentent plus sensiblement les effets des réformes économiques, Lionel Jospin et son gouvernement ont préféré laisser de coté ces différents dossiers, laissant les caisses de retraites se vider et les finances de l'Assurance Maladie se dégrader. Tel est le prix à payer (pour les Français) afin de garder l'image d'un gouvernement proche du peuple.

 On entend souvent les arguments socialistes, qui nous dirons qu'au terme de leur législature les comptes de la Sécurité Sociale étaient sains et équilibrés. C'est un énorme trompe-l'oeil. Car effectivement les indicateurs étaient au vert, mais non pas en raison de la bonne gestion des finances par l'équipe Jospin ou des mesures de redressement engagées, mais tout simplement parce que cette équipe a transféré sur les comptes de l'Assurance Maladie les immenses bénéfices rapportés par la forte croissance qu'a connu la France à cette époque. Autrement dit, le gouvernement Jospin a profité des forts revenus de la croissance pour combler le déficit de la Sécurité Sociale, et ainsi présenter un bilan équilibré aux Français. Mais dès que cette fabuleuse croissance que l'on n'a pas revu depuis a disparu, les comptes sont retombés dans le rouge, et l'inaction de l'équipe socialiste au pouvoir de 1997 à 2002 a été dévoilée au grand jour.

  Sur ces questions et sur beaucoup d'autres, la gauche est devenue le symbole de l'immobilisme et du conservatisme. Le programme socialiste des dernières présidentielles ne présentait aucune réforme de grande ampleur, aucune réforme courageuse. Tous sont d'accords pour affirmer la nécessité des réformes mais lorsqu'il s'agit d'agir il n'y a plus personne. Ce fut d'ailleurs l'objet d'une critique de Michel Charasse à l'encontre des socialistes, publiée dans le journal Le Parisien du 4 Juin dernier.

 La Gauche dénoncera toujours les réformes entreprises de la droite, les jugeant injustes, nocives aux plus faibles... Mais on remarque que lorsqu'elle arrive au pouvoir après cela, elle ne touche pas aux réformes engagées par les gouvernements précédents, heureuse que quelqu'un d'autre ait fait le « sale boulot ». Pour exemple, à l'occasion de la réforme des retraites de Jean-Pierre Raffarin en 2003, tous les dirigeants de la gauche, socialistes en tête, manifestaient à Paris aux cotés des salariés, qualifiant cette réforme d'injuste et accroissant la précarité. Mais, pour les présidentielles de 2007 sur le programme socialiste, il n'était pas question de remettre en cause l'alignement du public sur le privé et l'allongement de la durée de cotisation. Et de la même manière, si la gauche devait revenir au pouvoir en 2012, elle ne remettra pas en cause la réforme des régimes spéciaux de retraite, chantier qu'elle a toujours jugé nécessaire mais qu'elle s'est bien gardée d'attaquer.

  La plupart des électeurs de Ségolène Royal au second tour de la présidentielle, il faut le rappeler, n'ont pas voté pour ses propositions de réformes, qui étaient inexistantes, mais contre Nicolas Sarkozy dont le projet les laissait perplexes. Aujourd'hui on ne vote plus à gauche par adhésion à un projet, à une ambition ou des réformes, mais contre ce qu'il y a en face. En 2004 lors des régionales, on appelait déjà à sanctionner le gouvernement Raffarin. En 2007, le slogan était « tout sauf Sarko », et aux dernières municipales le mot d'ordre était de sanctionner le gouvernement Fillon.

 Et la gauche ne s'en cache d'ailleurs pas et assume tête haute son vide idéologique et son incapacité à réformer. La droite apparaît, avec sa volonté réformatrice, comme brutale et bousculant l'ordre établi, alors qu'à gauche on s'enferme dans des postures démagogiques qui ne peuvent que plaire au plus grand nombre. Certes à terme cela lui profite électoralement, car à force de réformer la liste des mécontents s'allonge, mais n'oublions pas que cet immobilisme de la gauche a propulsé pour la première fois l'extrême-droite au second tour de l'élection présidentielle.

 Cet immobilisme politique est donc contre-pruductif, car rappelons nous que c'est le manque de confiance envers l'action politique qui entraine le mécontentement et la montée des extrêmes.

 Depuis sa constitution en Mai 2007, le gouvernement Fillon a, à ce jour, fait voter près de 55 réformes majeures, parmi elles celle des régimes spéciaux, l'autonomie des universités, les heures supplémentaires, les peines plancher, la carte judiciaire, la réforme de l'école, la modernisation de l'économie... Aucun gouvernement n'a entrepris autant de réformes en si peu de temps, d'autant plus que beaucoup d'autres sont en cours de préparation. Aujourd'hui, l'action et le dynamisme sont du coté de la droite et de l'UMP. A gauche on préfère se placer dans une position idéologique de systématique opposition, au risque de laisser la situation de notre pays et de nos concitoyens se dégrader. Or notre pays, compte tenu de sa délicate situation, ne peut se permettre d'attendre et de laisser le temps s'écouler. Des réformes difficiles et courageuses sont nécessaires, même si elles font toujours des mécontents, et il en va de l'avenir de notre nation.

Par Jeunes Pop de Colombes - Publié dans : National
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