Depuis plusieurs jours, soit depuis que le NPA a présenté dans le Vaucluse une élue voilée sur sa liste en vue des élections régionales, des agitations secouent la vie politique française. Certains élus saluent ce pas en avant de la société, d’autres fustigent au contraire cet acte en le considérant comme un blasphème des valeurs républicaines.
En effet, suivant les principes de la laïcité, les signes ostentatoires religieux sont proscris à différents niveaux. Cependant, cela doit relancer le débat de la réforme de ces principes mêmes qui ont fondé les valeurs françaises.
En effet, au fil des décennies, la France est devenue un pays multiculturel, multiethnique et multi religieux. Le prosélytisme n’est pas une bonne chose mais le respect de valeurs religieuses est pour les pratiquants une priorité.
Doit-on refuser à une élue de pratiquer sa religion tout en participant à la vie socio-politique française ? Cette question soulève l’utilité du débat sur l’identité nationale. Ce débat a-t-il pour but une récupération électorale certaine ou a-t-elle pour but d’imposer ou de faire avancer les choses ?
Prenons un exemple en Europe : Celui de la Grande-Bretagne
Tous les français issus de l’immigration (2e ou 3e génération) qui partent en Angleterre font tous le même constat : là-bas ils oublient leur couleur de peau ou leur religion et n’ont aucun problème d’intégration.
Alors que nous dira-t-on ? Qu’en Angleterre il n’y pas de valeur républicaine ? Pourquoi les musulmans ou les Siqs peuvent-ils pratiquer leur religion dans le public comme dans le privé dans le respect de leurs concitoyens, alors qu’en France, des regards puissamment indiscrets suffisent pour renvoyer les français issus de l’immigration dans le pays de leurs parents qu’ils ne connaissent parfois que très peu. On reproche aux musulmans de ne pas actualiser leurs pratiques religieuses, alors que nous avons du mal à actualiser nos pratiques sociétales.
Nelson Mandela a dit « comment voulez-vous que je demande aux gens de changer si je ne change pas moi-même ? ». Etant donné que la population française change, alors, réciproquement, les valeurs doivent aussi doivent changer et s’adapter à cette nouvelle situation. Cela permettrait que tout le monde se sente français et non lésé du fait d’interdits qui datent d plus d’un siècle.
Il n’y a pas besoin de faire l’ENA pour faire un tel constat ; ainsi on pourrait se demander, des contestataires ou de l’élue fustigée, qui porte vraiment le voile.
Eric TETE
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