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Le blog des Jeunes Populaires de Colombes

Le blog des Jeunes Populaires de Colombes

Les Jeunes Populaires de Colombes, les jeunes de l'UMP, vous souhaitent la bienvenue !

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Trop c’est trop !

 
Après l’affaire Véolia, où le patron quitte l’entreprise avec un chèque de près de 3 millions d’euros, après l’affaire de la Société Générale, après l’affaire d’AIG aux Etats-Unis, voilà l’affaire Natixis ! En effet, la banque (quasiment en faillite) vient d’annoncer qu’elle avait distribué près de 80 millions d’euros de bonus à ses traders au titre de l’année 2008, alors que dans le même temps ses finances sont dans le rouge et elle s’apprête à licencier plusieurs centaines de salariés.


 Avec ce nouvel épisode, nous atteignons le comble du ridicule et de l’immoralité. Dans une période où la crise financière frappe de plein fouet, où les plans sociaux se multiplient, où les chiffres du chômage sont effrayants (80000 chômeurs de plus pour le seul mois de février), ces scandales ne peuvent rester sans réponse.


 L’honteuse attitude de ces entreprises impose la mise en place immédiate d’un système de régulation visant à limiter les excès d’une course à l’argent sans limite. L’Etat doit intervenir en vue de rétablir de l’ordre dans la sphère économique et financière, et ainsi stopper ces pratiques immorales.


 Alors, bien sûr, les plus libéraux s’insurgeront, disant qu’une intervention de l’Etat ne serait pas une bonne chose, que ce serait mauvais pour nos entreprises etc… Mais, si on écoute ces derniers, ils nous demanderont ne plus prohiber l’esclavage, au nom de la survie du marché (une main d’œuvre gratuite et permanente est nécessaire pour la compétitivité de nos entreprises…). Rappelons que c’est la course folle au bénéfice qui a plongé l’économie mondiale dans le gouffre dont nous essayons de sortir aujourd’hui. Les (ultras) libéraux sont même favorables à la suppression du code du travail, lequel certes contient bon nombre de freins pour le développement de nos entreprises, mais est surtout un bouclier pour les salariés contre des dirigeants sans scrupules. Je pense que ces derniers vivent sur une autre planète.


 D’ailleurs, la présidente du Medef, Laurence Parisot, laquelle aurait déjà dû être équipée d’un nez rouge de clown pour ses propos tenus lors du sauvetage des banques par l’Etat (en gros : « Vous nous avez sauvé, c’est bien, maintenant laissez-nous faire comme avant et ne vous mêlez plus de nos affaires, et on vous rappellera si on est de nouveau en difficulté »), affirme n’avoir ni la possibilité ni même l’envie (!!!) de limiter les salaires des grands patrons. Ce qui montre qu’elle ne semble pas réaliser l’ampleur du scandale.


 Rémunérer un patron qui mène son entreprise à la réussite, qui crée de l’emploi et de la richesse pour la nation, oui, bien entendu. Il doit être très bien rémunéré. Le travail et le talent doivent être récompensés. En revanche, offrir une indemnité de départ de plus de 3 millions d’euros (3000 mois de paie pour un salarié rémunéré au Smic) à un patron qui a mené une gestion catastrophique de son entreprise, alors que dans le même temps les salariés sont menacés de licenciements, c’est non !


 On nous opposera rapidement que les patrons prennent des risques, et qu’il est normal qu’ils soient rémunérés en conséquence. A cela nous répondons deux choses. D’une part, les patrons qui prennent des risques ne sont pas ceux des grands groupes (qui sont au centre de nos critiques), mais les patrons de PME/PMI qui eux investissent leurs fonds personnels pour créer et développer leurs entreprises. D’autre part, quels risques encourent les grands patrons ? Les décisions qu’ils prennent sont de deux sortes :


  • Les bonnes, auquel cas ils reçoivent, en plus de leur salaire fixe, d’importants (pour ne pas dire d’immenses) bonus, de plusieurs centaines de milliers d’euros.


  • Les mauvaises, qui se traduisent par le licenciement de centaines de salariés (qui eux n’y sont pour rien) et entraînent un licenciement du patron avec un parachute doré de plusieurs millions d’euros.


 Dans ces conditions nous voulons bien nous aussi prendre des risques ! Dans tous les cas le patron reçoit un gros chèque et dans tous les cas les salariés n’ont que leurs yeux pour pleurer.


 Les dirigeants qui touchent de pareilles sommes sont totalement déconnectés de la réalité et ignorent, je pense, la réelle valeur de l’argent. Ils ne doivent pas se rendre compte que certaines familles, dans notre pays, survivent avec moins de 500 euros par mois.


 Je ne tiens pas là un discours communiste ou socialiste, loin de là. Je suis libéral et je prône un libéralisme qui tende à réduire les inégalités. Rappelons, qu’à la base, la doctrine libérale est censée fournir la meilleure répartition des richesses. Or nous voyons qu’ici c’est loin d’être le cas, les riches sont de plus en plus riches et les pauvres le sont de plus en plus, ce qui montre que l’on s’est éloigné de la vraie idéologie libérale.


 Je suis pour récompenser le travail, les efforts, le talent. Or, force est de constater que le système dans lequel nous sommes creuse les inégalités et les injustices, il doit donc être réformé, tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle mondiale.


 Le gouvernement proposera cette semaine un décret visant à encadrer la rémunération des patrons d’entreprises qui touchent des aides de l’Etat. C’est un premier pas. Nous espérons que le prochain sommet du G20 sera l’occasion de réfléchir et d’agir en vue d’ordonner le système économique et financier mondial.


 L’enjeu est extrêmement important, car la situation ne pourra pas tenir longtemps comme cela, et si nous ne mettons pas un peu plus de justice, tôt ou tard les nations seront en feu, avec les conséquences que cela engendrera.

 

RC

Publié le 29/03/2009 à 18h11 dans National

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